L’environnement macroéconomique et géopolitique de cette semaine a offert un tableau contrasté pour les métaux précieux. La persistance des tensions entre Washington et Téhéran, avec un cessez-le-feu fragile au Moyen-Orient, a soutenu la demande d’actifs refuge, mais les signaux de la Réserve fédérale américaine pointant vers des taux élevés maintenus plus longtemps ont pesé sur l’ensemble du complexe. En parallèle, les négociations Russie-Ukraine restent dans l’impasse, renforçant une incertitude globale qui profite structurellement à l’or. La faiblesse relative du dollar américain, dont l’indice reste sous ses sommets annuels, a par ailleurs soutenu les cours libellés en euros.
Sur la semaine, l’or clôture aux alentours de 4 180 €/once (troy), affichant une légère baisse hebdomadaire de –0,80 %. Le métal jaune reste néanmoins ancré à proximité de ses plus hauts historiques, soutenu par les achats soutenus des banques centrales et la demande physique asiatique. L’argent métal, à environ 69 €/once, cède –0,29 % sur la période, dans un marché partagé entre la pression des taux réels et son attractivité en tant qu’actif industriel dans la transition énergétique. Le platine, à ~1 820 €/once, s’affiche quasi-stable (+0,07 %), maintenant le cap symbolique des 2 000 USD/once, aidé par des inquiétudes sur l’approvisionnement en Afrique du Sud où les coupures de courant de l’hiver austral commencent à peser sur la production minière. Le palladium (+0,65 %, ~1 455 €/once) tire profit des données solides de l’industrie automobile mondiale et des anticipations positives sur les immatriculations de véhicules thermiques en Chine et en Europe.
Les perspectives à court terme restent conditionnées à l’évolution du dialogue diplomatique américano-iranien et aux prochaines décisions des banques centrales. Si la Fed devait délivrer un message plus accommodant lors de sa réunion de juin, cela constituerait un catalyseur haussier de premier ordre pour l’ensemble des métaux précieux. Du côté de l’offre, l’entrée dans l’hiver austral en Afrique du Sud ainsi que les négociations salariales dans les mines de platine à venir méritent une attention particulière. Goldman Sachs maintient son objectif cours de l’or à 5 400 USD/once d’ici fin 2026, reflétant la conviction du marché que les couvertures géopolitiques resteront en place tout au long de l’année.




