La semaine du 2 au 8 juin 2026 a été marquée par un repli généralisé des quatre grands métaux précieux, pénalisés par un dollar américain vigoureux et des anticipations de maintien prolongé des taux directeurs. L’or a reculé d’environ 3,5 % sur la période, clôturant vendredi autour de 3 758 €/once (120,80 €/g), son plus bas niveau de 2026. L’argent a subi une correction plus marquée, perdant 5,2 % pour revenir vers 65 €/once. Le platine, moins volatil, a cédé 2,0 % à environ 1 610 €/once, tandis que le palladium a décroché de 7,0 % à 1 150 €/once, sanctionné par la faiblesse persistante de la demande en catalyseurs face à la montée en puissance des véhicules électriques.
Sur le plan macroéconomique, la Banque centrale européenne (BCE) a maintenu ses taux lors de sa réunion du 5 juin, tout en relevant sa prévision d’inflation à 2,6 % pour 2026 — signalant que les baisses de taux tant espérées se feront encore attendre. De l’autre côté de l’Atlantique, la Réserve fédérale américaine (Fed) conserve ses taux entre 3,50 % et 3,75 % et alerte sur une inflation tenace aux États-Unis. Un rapport sur l’emploi américain en demi-teinte (139 000 créations de postes contre 175 000 attendus) n’a pas suffi à inverser la tendance, les marchés restant focalisés sur les perspectives hawkish des banques centrales.
Sur le front géopolitique, les tensions persistantes au Moyen-Orient continuent d’alimenter un fond de demande pour les actifs refuges. Goldman Sachs maintient son objectif de cours de l’or à 5 400 $/once d’ici fin 2026, soutenu par les achats massifs des banques centrales mondiales et la demande physique asiatique. En Afrique du Sud, les coupures d’électricité liées à l’hiver austral perturbent la production minière, ce qui a en partie limité le repli du platine. Malgré ce recul technique, l’or demeure ancré à des niveaux historiquement élevés, et les fondamentaux structurels — incertitudes géopolitiques, dédollarisation progressive, accumulation des réserves officielles — continuent de soutenir la tendance haussière de long terme.





