La semaine du 12 au 18 mai 2026 a été marquée par un contexte macro-économique particulièrement défavorable à l’or. Aux États-Unis, les données d’inflation ont surpris à la hausse : l’indice des prix à la production (PPI) a progressé à son rythme le plus rapide depuis 2022, tandis que l’indice des prix à la consommation (CPI) affiche sa plus forte hausse depuis 2023. Ces chiffres ont définitivement enterré tout espoir de baisse des taux de la Fed en 2026, certains opérateurs allant même jusqu’à anticiper une possible hausse d’ici décembre. Dans ce contexte, le dollar américain s’est raffermi et les rendements obligataires américains ont bondi, pesant mécaniquement sur les actifs libellés en devises : l’or a cédé environ –4,0 % pour la semaine, se repliant vers les 4 000 €/oz, son plus bas depuis mars 2026.
Sur le plan géopolitique, la prolongation du conflit au Moyen-Orient et le quasi-blocage du détroit d’Ormuz ont amplifié les tensions énergétiques mondiales. Paradoxalement, cette instabilité – pourtant habituellement favorable aux valeurs refuge – n’a pas suffi à soutenir l’or, les investisseurs liquidant leurs positions sur les métaux pour couvrir leurs pertes ailleurs sur les marchés. L’Europe, particulièrement exposée aux ruptures d’approvisionnement en énergie, a subi une dépréciation de l’euro face au dollar, aggravant la baisse en devise locale. Le palladium a également reculé d’environ –1,5 %, pénalisé par les révisions à la baisse des prévisions à long terme de plusieurs institutions financières.
À contre-courant, l’argent (+1,5 %) et le platine (+2,5 %) ont décroché de la dynamique de l’or pour évoluer sur leurs propres fondamentaux industriels. La perturbation des chaînes d’approvisionnement liée au conflit au Moyen-Orient a ravivé les inquiétudes sur l’offre de métaux du groupe platine, portant ces deux actifs à la hausse. Le platine se négocie désormais autour de 1 800 €/oz et l’argent autour de 71 €/oz. Dans un environnement aussi volatil, la divergence croissante entre les métaux précieux « refuge » et les métaux précieux « industriels » illustre la complexité des forces à l’œuvre sur ces marchés en 2026.







