La semaine du 4 au 10 mai 2026 a été dominée par deux facteurs structurants : la persistance de la crise du détroit d’Ormuz — effectivement fermé depuis les frappes américano-israéliennes contre l’Iran fin février — et la décision de la Réserve fédérale américaine de maintenir ses taux directeurs inchangés, rejoignant ainsi la BCE, la Banque d’Angleterre et la Banque du Japon dans leur posture attentiste. Ce contexte géopolitique exceptionnel, qui représente selon l’AIE la plus grande perturbation d’approvisionnement pétrolier de l’histoire moderne, a alimenté les craintes inflationnistes. À cela s’est ajouté un dollar américain en repli marqué (EUR/USD autour de 1,177) et des créations d’emplois américaines légèrement décevantes en avril (115 000 contre 120 000 attendus), rendant les actifs refuges à nouveau attractifs en fin de semaine.
Dans ce contexte, l’argent a été le grand gagnant de la semaine avec une progression de +2,5 % à environ 66 €/once, porté par une demande industrielle chinoise robuste et des achats spéculatifs. Le palladium a lui aussi brillé avec +3,2 % à 1 317 €/once, profitant des tensions persistantes sur les chaînes d’approvisionnement des métaux du groupe platine. L’or, après une correction initiale de -2 % en début de semaine, a progressivement rebondi pour clôturer aux environs de 4 000 €/once (+1,8 % sur la semaine en euros, bénéficiant de l’effet change favorable lié au recul du dollar). Le platine, plus discret, a progressé de +0,8 % à 1 736 €/once, soutenu par la demande industrielle liée à l’hydrogène vert.
À court terme, les quatre métaux précieux restent soutenus par un environnement géopolitique inédit : si la fermeture du détroit d’Ormuz devait se prolonger, les pressions inflationnistes mondiales s’intensifieraient, renforçant l’attrait des valeurs refuges. Les banques centrales, en pause prolongée, offrent un contexte favorable aux métaux non rémunérateurs. Les analystes restent constructifs sur l’or au-dessus de 4 000 €/once pour les prochains mois, tandis que l’argent pourrait continuer à bénéficier de la demande industrielle dans les secteurs des technologies propres et de l’électronique.








