La semaine du 25 au 29 août 2026 a été marquée par le grand rendez-vous annuel de Jackson Hole, où le nouveau président de la Réserve fédérale américaine, Kevin Warsh, a prononcé son premier discours dans ce cadre symbolique. Son ton résolument hawkish — repoussant les espoirs d’une baisse des taux en septembre et portant la probabilité d’une hausse à 57,5 % — a fait bondir le dollar, faisant refluer l’EUR/USD vers 1,158. Paradoxalement, cette chute de l’euro a soutenu les cours des métaux libellés dans la monnaie unique : l’or a ainsi franchi les 3 943 €/once, progressant de +2,9 % sur la semaine, tandis que les achats massifs des banques centrales (548 tonnes au premier semestre 2026, un rythme sans précédent) continuent de soutenir structurellement la demande.
Les métaux industriels du groupe platine ont brillé encore davantage. Le palladium a enregistré la meilleure performance de la semaine avec +5,9 %, atteignant 1 204 €/once — son plus haut niveau depuis juin — porté par les inquiétudes persistantes concernant les approvisionnements en Russie et en Afrique du Sud. Le platine affiche +4,5 % à 1 550 €/once, soutenu par des signaux de contraction de l’offre mondiale. Les sanctions imposées à l’Iran ont momentanément pesé sur l’ensemble des métaux en milieu de semaine, avant une reprise rapide qui confirme la solidité des fondamentaux. L’argent progresse plus modestement (+1,8 % à 59,5 €/once), sous pression de la vigueur du billet vert.
Du côté géopolitique, les tensions persistantes en mer Rouge entre l’Iran et les États-Unis, combinées à un contexte de dette publique record en France et au Japon, renforcent l’attrait des métaux précieux comme valeurs refuges. La dynamique reste haussière pour l’or en euros : même si la Fed se montre moins accommodante que prévu, la baisse de l’EUR/USD amplifie mécaniquement les gains pour les investisseurs de la zone euro. Les analystes fixent désormais un premier objectif technique à 4 000 €/once pour l’or, tandis que le palladium pourrait tester ses résistances de début d’année si les tensions d’approvisionnement perdurent.



